Du commerce de l’énergie aux infrastructures d’IA : un nouveau chapitre de la coopération économique Canada–États-Unis

· 17 min de lecture

Pourquoi l’Amérique du Nord devrait transformer son avantage énergétique commun en infrastructures de calcul distribuées qui alimenteront la prochaine génération de l’économie mondiale

Et si le prochain grand chapitre de la coopération économique Canada–États-Unis ne reposait pas sur un commerce accru de matières premières, mais sur la transformation de ressources énergétiques communes en infrastructures de calcul qui alimentent la prochaine génération de l’économie mondiale ?

Depuis des générations, la relation économique entre le Canada et les États-Unis se renforce grâce à des échanges exceptionnels de ressources naturelles, d’énergie, de capitaux, de technologies, de biens et de services. Des chaînes d’approvisionnement intégrées, des infrastructures énergétiques transfrontalières et des relations commerciales profondes ont fait de chacun des deux pays l’un des principaux partenaires économiques de l’autre.

Cette relation repose sur un principe simple : chaque pays apporte des capacités qui rendent l’autre plus concurrentiel.

Mais l’économie mondiale entre dans un nouveau cycle d’infrastructures. L’intelligence artificielle transforme la façon dont les industries fonctionnent, dont les économies se font concurrence et dont les capacités nationales se définissent. Le leadership économique de demain ne dépendra pas seulement de l’accès à l’énergie ou aux technologies de pointe, mais de la capacité à les réunir à grande échelle.

Cela ouvre la possibilité de repenser la relation économique nord-américaine.

Le Canada et les États-Unis pourraient dépasser l’échange traditionnel de produits énergétiques et commencer à bâtir un avantage commun dans les infrastructures d’intelligence artificielle alimentées par l’énergie : un réseau distribué d’installations de calcul situées à des endroits stratégiques, alimentées par des ressources énergétiques fiables, dotées de systèmes de calcul avancés et capables de soutenir des applications d’IA commerciales, industrielles et souveraines.

Il ne s’agit pas de remplacer la relation énergétique existante, mais de bâtir par-dessus une nouvelle couche de valeur économique.

1. La prochaine ressource stratégique est la capacité de calcul

On présente souvent l’intelligence artificielle comme une révolution logicielle. En réalité, c’est aussi une révolution des infrastructures.

Les modèles d’IA avancés exigent d’énormes ressources de calcul. L’entraînement, l’inférence, le déploiement en entreprise et les applications industrielles dépendent tous de l’accès au calcul haute performance, aux réseaux, au stockage, au refroidissement et, surtout, à une alimentation électrique fiable.

Les infrastructures nécessaires à cette transformation deviennent un actif économique stratégique.

Les pays et les entreprises capables de sécuriser l’énergie, les terrains, les infrastructures, la technologie et la capacité de calcul nécessaires pour développer et déployer l’IA disposeront d’un avantage pour attirer les investissements, bâtir des industries et conserver la propriété intellectuelle.

Le Canada dispose d’assises importantes sur lesquelles bâtir. Il possède d’importantes ressources énergétiques, des infrastructures d’électricité et de gaz naturel bien établies, des compétences en ingénierie, un solide écosystème technologique et la proximité du plus grand marché technologique au monde.

Le gouvernement canadien a lui-même désigné le calcul souverain, la capacité nationale en centres de données et une énergie fiable comme des éléments importants de sa stratégie en matière d’IA. Sa stratégie nationale en matière d’IA reconnaît que le Canada doit accroître ses infrastructures de calcul nationales tout en développant la chaîne de valeur plus large qui relie l’énergie, les centres de données, le matériel, les réseaux, les modèles et les applications.

Les États-Unis apportent des forces complémentaires : un écosystème technologique et financier profond, des entreprises d’IA de premier plan, des chaînes d’approvisionnement avancées en semi-conducteurs et en infrastructures, ainsi qu’une forte demande de capacité de calcul.

L’occasion stratégique consiste à relier ces forces.

Plutôt que de traiter l’énergie et l’IA comme des industries distinctes, l’Amérique du Nord peut développer une chaîne de valeur intégrée dans laquelle les ressources énergétiques sont converties en capacité de calcul, la capacité de calcul soutient l’innovation en IA, et les applications d’IA améliorent la productivité des industries qui sous-tendent les deux économies.

2. De l’exportation d’énergie à l’exportation d’intelligence alimentée par l’énergie

Le Canada est déjà un fournisseur d’énergie essentiel pour les États-Unis.

En 2025, les exportations canadiennes de pétrole brut, de produits pétroliers raffinés, de gaz naturel et de liquides de gaz naturel vers les États-Unis ont totalisé environ 157,5 milliards $ CA. Les deux pays sont reliés par de vastes réseaux de pipelines et par 86 lignes internationales de transport d’électricité.

C’est une base remarquable. Mais elle soulève aussi une question :

Quelle valeur supplémentaire l’Amérique du Nord pourrait-elle créer si une plus grande part de ses ressources énergétiques servait à produire de la capacité de calcul et des services numériques ?

Prenons un producteur d’énergie qui a accès à du gaz naturel, mais qui est limité par la capacité des pipelines, l’accès aux marchés ou les contraintes d’infrastructure. Ou une installation industrielle disposant d’une alimentation électrique fiable, mais d’une demande locale insuffisante. Dans le modèle traditionnel, l’objectif commercial est de trouver un acheteur pour le produit énergétique ou de raccorder la ressource à un marché existant.

Un modèle reliant l’énergie au calcul ouvre une autre possibilité.

La ressource énergétique peut alimenter une production d’électricité sur place et des infrastructures de calcul modulaires. Au lieu de transporter toute l’énergie vers un marché éloigné, on peut déployer la capacité de calcul plus près de la source. Les infrastructures qui en résultent peuvent fournir de l’inférence d’IA, du calcul d’entreprise, du calcul haute performance et d’autres services numériques.

Ce modèle ne remplace pas de façon universelle les centres de données classiques ni les marchés de l’électricité. C’est un modèle d’infrastructure supplémentaire, qui peut convenir lorsque les conditions économiques, la connectivité, le profil énergétique, les exigences de refroidissement et le cadre réglementaire s’y prêtent.

Il en résulte un déplacement potentiel de la chaîne de valeur :

  • Les ressources énergétiques deviennent un socle pour les infrastructures numériques.
  • La production d’électricité est directement reliée à la demande de calcul.
  • Les investissements en infrastructures créent des occasions locales dans la construction, l’ingénierie et l’exploitation.
  • La capacité de calcul soutient les entreprises, les chercheurs et les développeurs d’IA.
  • Les services numériques deviennent une autre source d’activité économique et offrent de nouvelles possibilités d’exportation.

Dans ce modèle, le Canada ne se contente pas d’exporter de l’énergie pour alimenter l’économie numérique d’un autre pays. Il peut développer et exploiter des infrastructures qui convertissent l’énergie en services de calcul à plus forte valeur, tout en créant des occasions de relations commerciales transfrontalières de confiance.

3. Les infrastructures distribuées : un modèle complémentaire pour l’IA

Le modèle dominant des centres de données a historiquement privilégié de grandes installations concentrées autour des principales régions métropolitaines, des réseaux de fibre établis et des infrastructures électriques centralisées.

Ce modèle restera essentiel. L’entraînement de l’IA à grande échelle et l’exploitation du cloud à très grande échelle continueront d’exiger des campus importants et hautement intégrés.

Toutefois, la prochaine génération d’infrastructures d’IA ne devrait pas dépendre exclusivement d’installations centralisées.

L’IA industrielle, l’inférence en périphérie, les opérations à distance, les applications de soutien à la défense, les systèmes énergétiques, la fabrication, la logistique et d’autres secteurs essentiels peuvent tirer parti de ressources de calcul situées plus près des actifs, des personnes et des données qu’elles servent.

Un modèle distribué peut compléter les infrastructures centralisées grâce à des nœuds de calcul situés à des endroits stratégiques, reliés par des réseaux sécurisés et gérés au moyen de systèmes logiciels et opérationnels coordonnés.

Cette architecture pourrait comprendre :

  • Des installations d’IA adossées à l’énergie, situées près des actifs de production.
  • Des centres de données modulaires pouvant être déployés et agrandis par phases.
  • Des nœuds de calcul régionaux soutenant les charges de travail industrielles et d’entreprise.
  • Des environnements souverains ou propres à une juridiction pour les applications sensibles.
  • Une connectivité sécurisée entre les installations, les clients et les écosystèmes cloud.
  • Des infrastructures redondantes qui améliorent la résilience et la continuité.

La valeur commerciale ne tient pas seulement au fait que ces installations sont plus petites ou plus proches de la source d’énergie. Elle tient au fait qu’elles offrent un moyen supplémentaire d’arrimer la demande de calcul à l’énergie, aux terrains et aux infrastructures disponibles.

L’approche d’infrastructure modulaire d’Armada illustre l’évolution de ce modèle. Le système Orion 10MW Galleon qu’elle a annoncé, par exemple, est conçu pour apporter une capacité de calcul d’IA importante à des sites d’alimentation distribués, avec un déploiement modulaire et la possibilité de passer à l’échelle sur plusieurs sites.

Le principe général est important : les infrastructures d’IA peuvent se développer en fonction de la géographie de l’énergie, et pas seulement de celle des marchés existants de centres de données.

4. L’IA souveraine exige plus que des logiciels souverains

L’expression « IA souveraine » sert de plus en plus à décrire la capacité d’un pays à développer, déployer et encadrer l’intelligence artificielle selon ses propres lois, intérêts et priorités.

Mais la souveraineté ne peut pas s’obtenir par les seuls logiciels.

Elle dépend de l’ensemble de la pile d’infrastructures :

  1. Énergie : une alimentation électrique fiable et économiquement viable.
  2. Infrastructures physiques : terrains, bâtiments, refroidissement, systèmes électriques et installations de centres de données.
  3. Matériel de calcul : accélérateurs, serveurs, réseaux et stockage.
  4. Connectivité : des infrastructures de fibre et de réseau sécurisées et résilientes.
  5. Logiciels et modèles : plateformes d’IA, modèles de fondation, orchestration et applications.
  6. Gouvernance : résidence des données, contrôle des accès, cybersécurité, conformité et responsabilité opérationnelle.

Une faiblesse dans l’une ou l’autre de ces couches peut créer des dépendances ailleurs dans le système.

Pour le Canada, bâtir une capacité nationale en IA n’est donc pas simplement une question d’attirer davantage d’investissements dans les centres de données. Il s’agit de développer une chaîne de valeur nationale plus complète et plus résiliente, tout en conservant la capacité de collaborer avec des partenaires internationaux de confiance.

Pour les États-Unis, un réseau d’infrastructures nord-américain diversifié peut offrir un accès supplémentaire à l’énergie, à des emplacements de calcul et à de la capacité régionale.

L’objectif ne devrait pas être de créer des silos technologiques nationaux concurrents, mais de permettre la coopération là où les intérêts convergent, tout en préservant les contrôles juridiques, opérationnels et juridictionnels dont chaque pays a besoin.

Cette distinction est importante. Souveraineté et coopération ne s’excluent pas mutuellement. Bien conçues, elles peuvent se renforcer l’une l’autre.

5. Un pont du secteur privé pour une relation nord-américaine plus solide

Les négociations commerciales, les droits de douane et les désaccords politiques peuvent mettre sous pression même les relations économiques les plus intégrées.

Mais les réalités commerciales sous-jacentes ne disparaissent pas. Les systèmes énergétiques restent interconnectés. Les entreprises continuent de dépendre de chaînes d’approvisionnement transfrontalières. Les entreprises technologiques ont besoin d’infrastructures fiables, et les deux pays ont un intérêt commun à protéger leurs systèmes essentiels.

La relation Canada–États-Unis reconnaît déjà l’importance de la coopération avec le secteur privé en matière de résilience des infrastructures essentielles, de gestion des risques et d’échange d’information. Le Plan d’action bilatéral sur les infrastructures essentielles offre une base de collaboration, tout en respectant l’autorité légale de chaque gouvernement.

Une nouvelle génération d’infrastructures d’IA distribuées pourrait donner à cette coopération une dimension économique concrète.

Imaginez un réseau d’installations de calcul alimentées par l’énergie à travers l’Amérique du Nord, développé dans le cadre de partenariats commerciaux et exploité selon des exigences clairement définies en matière de juridiction, de sécurité et de gouvernance des données.

Les ressources énergétiques canadiennes pourraient soutenir des infrastructures de calcul situées à des endroits stratégiques. Les entreprises technologiques américaines et canadiennes pourraient fournir du matériel, des logiciels, des modèles et des applications. Les clients industriels pourraient déployer l’IA plus près de leurs activités. Les collectivités régionales pourraient bénéficier d’investissements, d’emplois et d’une nouvelle activité économique.

Un tel réseau pourrait aussi créer des occasions de collaboration sécurisée dans des domaines comme :

  • La surveillance des infrastructures industrielles et énergétiques.
  • La résilience des réseaux électriques et la maintenance prédictive.
  • La visibilité de la chaîne d’approvisionnement et la logistique.
  • La surveillance environnementale et l’intervention d’urgence.
  • L’analytique en cybersécurité et la gestion des risques opérationnels.
  • Les applications d’IA sécurisées pour les industries réglementées et essentielles.

Il existe une distinction importante entre faciliter une collaboration sécurisée en matière d’information et partager du renseignement gouvernemental classifié. Ce dernier exige une autorisation gouvernementale appropriée, des cadres juridiques, des habilitations de sécurité et des canaux établis. Les initiatives d’infrastructure du secteur privé ne devraient pas prétendre remplacer ces mécanismes.

Leur contribution peut consister à fournir des environnements sécurisés, résilients et bien gouvernés, dans lesquels des organisations autorisées peuvent collaborer.

C’est ainsi que les infrastructures du secteur privé peuvent soutenir les intérêts nationaux sans chercher à se substituer aux politiques publiques.

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6. Présentation de NADAII : l’Initiative nord-américaine pour les infrastructures d’IA distribuées

PermianChain estime que cette occasion justifie un effort concerté de l’industrie.

Nous proposons donc l’Initiative nord-américaine pour les infrastructures d’IA distribuées (NADAII) : un cadre ouvert, mené par l’industrie, destiné à réunir des développeurs énergétiques, des fournisseurs d’infrastructures, des entreprises d’IA, des partenaires technologiques, des participants institutionnels et d’autres parties prenantes qualifiées afin de faire progresser les infrastructures d’IA distribuées en Amérique du Nord.

NADAII est conçue comme un cadre pratique de collaboration, de documentation technique et de développement commercial.

Elle n’a pas vocation à être une organisation politique, un programme gouvernemental ou un consortium commercial fermé. Elle ne vise pas non plus à imposer un fournisseur technologique, une source d’énergie, un modèle d’IA ou une architecture d’infrastructure uniques.

Son objectif est d’établir une base commune sur laquelle les acteurs de l’industrie peuvent collaborer.

Nous proposons que l’initiative s’articule autour de six piliers fondamentaux.

Pilier 1 — Développement de projets reliant l’énergie à l’IA

Repérer, évaluer et développer des ressources énergétiques capables de soutenir des infrastructures d’IA et de calcul haute performance économiquement viables.

Cela comprend la production d’électricité au gaz naturel, l’hydroélectricité, les énergies renouvelables, la production hybride et d’autres sources d’énergie appropriées, sous réserve d’une évaluation technique, commerciale et réglementaire propre à chaque projet.

Pilier 2 — Infrastructures modulaires et distribuées

Promouvoir des modèles de déploiement reproductibles pour les centres de données modulaires, les installations de calcul en périphérie et les campus d’infrastructures d’IA de plus grande taille.

L’objectif est de permettre un développement par phases, un déploiement efficace des capitaux et une expansion en fonction d’une demande de calcul avérée.

Pilier 3 — Environnements d’IA souverains et sécurisés

Établir des principes en matière de gouvernance des données, de contrôle juridictionnel, de gestion des accès, de cybersécurité, de résilience opérationnelle et de séparation des charges de travail.

Les infrastructures devraient être conçues pour répondre aux exigences juridiques et de sécurité des clients et des juridictions qu’elles servent.

Pilier 4 — Normes techniques ouvertes et interopérabilité

Publier de la documentation, des architectures de référence, des principes de déploiement et des considérations techniques qui aident les développeurs énergétiques, les fournisseurs d’infrastructures et les entreprises d’IA à travailler ensemble.

Une documentation ouverte peut réduire la fragmentation, améliorer la transparence et encourager la participation d’un éventail plus large d’organisations qualifiées.

Pilier 5 — Alignement commercial et investissement

Élaborer des cadres commerciaux reproductibles qui relient l’approvisionnement énergétique, le déploiement des infrastructures, la capacité de calcul et la demande des clients.

L’initiative devrait encourager une évaluation transparente des projets, des structures contractuelles d’achat permettant de financer les projets, une allocation rigoureuse des capitaux et une répartition claire des responsabilités entre les organisations participantes.

Pilier 6 — Développement économique et résilience

Encourager les projets qui créent une valeur économique durable grâce à l’investissement, aux emplois qualifiés, à la productivité industrielle, au développement régional et à des infrastructures numériques plus résilientes.

L’initiative devrait reconnaître que des infrastructures réussies doivent procurer des avantages mesurables aux collectivités et aux économies dans lesquelles elles sont exploitées.

7. Un modèle commercial complémentaire

Pour que NADAII ait une valeur concrète, ses principes doivent se traduire en projets réels.

Le modèle proposé repose sur l’alignement de trois capacités complémentaires.

Développement de projets reliant l’énergie au calcul

Le rôle envisagé de PermianChain est de faire émerger et de développer des occasions d’affaires reliant l’énergie à l’IA. Cela comprend la recherche de ressources énergétiques appropriées, la collaboration avec des producteurs et des fournisseurs d’électricité indépendants, l’évaluation des emplacements de projets, la structuration de l’achat d’énergie, la coordination des partenaires de développement et la mise en relation de l’approvisionnement énergétique avec une demande de calcul qualifiée.

L’objectif est de transformer des actifs énergétiques appropriés en projets d’infrastructures numériques viables.

Infrastructures d’IA modulaires

Les partenaires d’infrastructure fournissent les systèmes physiques nécessaires pour convertir l’électricité disponible en capacité de calcul opérationnelle. Cela comprend des installations de centres de données modulaires, la distribution électrique, le refroidissement, les réseaux, l’intégration du matériel et les capacités de déploiement.

Les infrastructures devraient être évolutives et adaptées aux exigences techniques de chaque projet.

Modèles d’IA, logiciels et demande de calcul

Les entreprises d’IA et les fournisseurs de logiciels d’entreprise apportent les charges de travail qui donnent aux infrastructures leur raison d’être commerciale.

Ils développent et déploient des modèles, conçoivent des applications, servent des clients d’entreprise et institutionnels, et établissent les exigences techniques et commerciales en matière de capacité de calcul.

C’est là que la relation entre les infrastructures et les logiciels d’IA devient particulièrement importante. Une installation ne devrait pas être développée simplement parce que de l’électricité est disponible. Elle devrait l’être en fonction d’une compréhension crédible des charges de travail de calcul qu’elle est censée soutenir.

L’alignement proposé est simple :

PermianChain développe des occasions d’affaires reliant l’énergie à l’IA. Les partenaires d’infrastructure fournissent l’environnement de calcul. Les entreprises d’IA apportent les modèles, les logiciels et la demande.

Chaque participant apporte une capacité distincte. Ensemble, ils peuvent créer une chaîne de valeur commercialement intégrée.

NADAII offrirait un cadre ouvert permettant de développer ces relations et d’autres partenariats complémentaires.

8. D’un cadre nord-américain à une occasion mondiale

Bien que NADAII se concentre d’abord sur l’Amérique du Nord, le modèle sous-jacent a une portée plus large.

De nombreuses régions disposent d’importantes ressources énergétiques, mais manquent d’infrastructures suffisantes pour les monétiser efficacement. D’autres connaissent une demande croissante d’IA et de services numériques, mais font face à des contraintes de disponibilité de l’électricité, de capacité en centres de données ou d’accès à la technologie.

La capacité de relier le développement énergétique à des infrastructures de calcul modulaires peut créer de nouvelles occasions d’investissement dans ces marchés.

Les entreprises nord-américaines pourraient contribuer à des projets à l’international en apportant des services d’ingénierie, des infrastructures, des logiciels, des capitaux et une expertise en exploitation, tout en entretenant des partenariats locaux appropriés et en respectant les lois et la souveraineté des pays hôtes.

Il ne s’agit pas d’exporter partout un modèle unique, mais d’établir un cadre de développement reproductible, adaptable aux marchés énergétiques locaux, aux cadres réglementaires, aux conditions d’infrastructure et aux exigences des clients.

Cela pourrait créer une nouvelle catégorie de commerce international : non plus seulement l’exportation d’énergie, de matériel ou de logiciels, mais le développement et l’exploitation d’infrastructures numériques alimentées par l’énergie.

9. Une invitation à bâtir

Le prochain chapitre de la coopération économique nord-américaine ne sera pas écrit par les seuls gouvernements, ni par des entreprises technologiques agissant de façon indépendante.

Il exigera que les producteurs d’énergie, les développeurs d’infrastructures, les entreprises d’IA, les investisseurs, les sociétés d’ingénierie, les exploitants de réseaux, les établissements de recherche et les décideurs publics reconnaissent qu’ils participent à différents volets d’une même transformation économique.

L’occasion est importante, mais elle ne se concrétisera pas par de simples déclarations d’intention. Elle exigera des projets concrets, des normes transparentes, un développement rigoureux, des clients crédibles et une volonté de collaborer au-delà des frontières traditionnelles entre industries.

PermianChain entend publier la documentation initiale de NADAII sous forme de ressource ouverte et inviter des organisations qualifiées à contribuer à son élaboration.

Nous croyons que les principaux fournisseurs d’infrastructures, développeurs d’IA, sociétés énergétiques et organisations de technologies d’entreprise devraient avoir leur place à la table dès le départ.

Nous voyons une occasion pour des organisations comme Armada, Cohere et d’autres chefs de file technologiques nord-américains de contribuer à façonner les principes fondateurs, l’architecture technique et les applications commerciales de l’initiative. Il s’agit d’une invitation à participer, sans présumer de leur appui ni de leur engagement.

L’ambition est de bâtir quelque chose de plus grand qu’un projet individuel ou un partenariat commercial : un cadre pratique, mené par l’industrie, pour relier l’avantage énergétique de l’Amérique du Nord à ses ambitions en IA.

Le Canada et les États-Unis ont passé des générations à bâtir les infrastructures qui permettent à l’énergie, aux biens, aux capitaux et aux personnes de circuler sur le continent qu’ils partagent.

La prochaine génération d’infrastructures devrait permettre à l’intelligence, à l’innovation et aux occasions économiques de croître sur ce même socle.

La question n’est plus simplement de savoir combien d’énergie l’Amérique du Nord peut produire, ni quelle capacité de calcul elle peut bâtir. Elle est de savoir avec quelle efficacité les deux peuvent être réunies.

Et si le prochain grand chapitre de la coopération économique Canada–États-Unis reposait précisément sur cette idée ?

L’énergie est le socle. Le calcul est l’infrastructure. L’intelligence est une source d’occasions.

PermianChain invite les organisations intéressées à participer à l’élaboration de l’Initiative nord-américaine pour les infrastructures d’IA distribuées (NADAII).

Contribuez à façonner NADAII

Les développeurs énergétiques, les fournisseurs d’infrastructures et les entreprises d’IA peuvent manifester leur intérêt à contribuer à l’initiative.

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